Philippe Meirieu au Salon de l'Education de Namur

Publié le par Gabrielle

Au début des vacances, j'ai eu le plaisir d'écouter Philippe Mérieu, invité du Salon de l'Education de Namur.
Philippe Meirieu était présent  pour présenter son dernier ouvrage, écrit en collaboration avec Jacques Liesenborghs : L’enfant, l’éducateur et la télécommande.
Rédigé sous forme de dialogue, le livre explore les différentes étapes de l’éducation d’un enfant et ce qui peut gêner la sortie de « l’infantile ».
En effet, Meirieu pose l’infantile comme tendance à se prendre pour le centre du monde et croyance à tenir le monde à sa merci. L’outil « télécommande » est à ce titre la métaphore de cette volonté de toute puissance : "mes désirs sont des ordres". Comment "accompagner l'enfant dans le deuil de l'immédiateté?" pour aller vers la construction collective d'un bien commun?

Meirieu explique qu’il a préféré faire entrer ce mot dans le titre de son livre, plutôt que celui, plus classique, de « télévision ». Le mot télécommande lui semble davantage symbolique ; Meirieu dit qu’elle est une « sorte de formalisation de la pulsion infantile », car elle permet de tout voir, tout savoir, en même temps qu’elle permet de « clouer le bec » et de ne pas voir.
A la différence de la télévision, le cinéma lui paraît un "excellent contre-poison". Jacques Liesenborghs lui demande alors si ce tir de barrage contre la téléréalité ne risque pas de paraître méprisant des publics qui la regardent: Philippe Meirieu répond que l'important est la manière de la regarder: si l'émission est regardée en famille puis décortiquée ensemble, elle peut garder un aspect intéressant du point de vue éducatif.

Pour Meirieu, c’est donc moins la télévision qui est en cause que la télécommande (et le comportement social qu’elle induit). Elle empêche de suivre « quelque chose dans sa linéarité » et accompagne  « l’érosion de la pensée qui se donnerait les moyens d’approfondir les choses »
Meirieu propose un petit « jeu » : à partir d’un mot, chercher le verbe. Quand il s’agit de télécommande…
La télécommande représente donc le « caprice institué ».
La démocratie refuse de faire du monde un « choc des narcissismes ».  C’est une forme de « renonciation d’être le centre du monde », tandis que « la télécommande exaspère l’individualisation. »

L'enfant, l'éducateur et la télécommande, éditions Labor, septembre 2005

Publié dans Divers

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