elle court, elle court la CPE

Publié le par Gabrielle

Sortez de votre bureau et allez à la découverte de votre terrain de jeu : la cour, les bâtiments et tous les espaces les entourant. De même qu’en leçon de conduite automobile, le moniteur vous parle des dangers des angles morts, repérez tous les lieux qui échapperont à vos yeux, à moins de vous en faire greffer dans le dos et sur les épaules. Ne sous-estimez pas l’imagination des élèves (même si les plus imaginatifs dans ce domaine ne l’utilisent plus pour une bête rédaction) à trouver toutes les failles, concrètes ou non, de la surveillance. Oubliez le quadrillage militaire, les moyens ne suivront pas. Le CPE gère aussi la pénurie. A votre arrivée, demandez un plan de l’établissement. Sur le terrain, vérifiez la hauteur des clôtures ou des murs. Si vous avez la certitude d’être seul, voyez si vous seriez capable de n’en faire qu’une bouchée. Remarquez les trous dans le grillage ou, plus fréquent, les bases du grillage poussées de manière à ce qu’un corps de petit format y passe. Les grillages sont rarement suffisamment enfoncés dans le sol, budget oblige. Quelle est la configuration de la cour ? Est-ce une belle cour, conçue par un CPE, carrée, entourée de manière continue par les bâtiments ? Non, trop beau. En général, vous aurez affaire à un espace aux limites floues (" non, reviens par ici ", " pourquoi, M’dame ? ", " ce n’est plus la cour, ici "), avec de multiples possibilités de se glisser à l’arrière des bâtiments pour, au choix des élèves, pisser, se foutre sur la gueule, flirter ou fumer derrière un arbre.

Ah les arbres ! Il arrive que les concepteurs de l’établissement aient eu l’idée l’agrémenter l’espace de quelques arbres. Déterminez l’essence de ceux-ci. S’il s’agit de marronniers, je vous souhaite un bel automne et de bonnes récréations à vous faufiler entre les tirs. Inutile de programmer leur mort par décapitation, vous risqueriez des manifestations écologistes. Anticipez encore.

Si un jardinier mal inspiré a planté ça et là des rosiers, pour faire joli, ce ne sera pas joli-joli de soigner les élèves jetés non aux orties (dépassé) mais sur les buissons piquants. Mais parfois, vous aurez droit à une sympathique attention d’un élève, souvent à l’époque de la fête des mères ou d’un conseil de classe, venu vous offrir une tige arrachée avec courage. Pesez donc le pour et le contre.

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Publié dans humour

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