Les accessoires de la CPE

Publié le par Gabrielle

le répertoire téléphonique du CPE est un outil, que dis-je, une arme essentielle.

Imaginez-vous : vous avez un loustic qui vient d’ensanglanter le minois d’un autre. Qu’importe, à ce moment, de savoir qui a commencé (ça, c’est une autre histoire, que nous traiterons plus loin).Il vous faut avertir les " responsables légaux " des deux parties, c’est à dire, les parents. Un : avertir les parents de l’ensanglanteur, avant qu’il n’ait le temps de donner sa version des faits ou s’il ne compte pas le faire, leur annoncer l’affaire. Deux : avertir les parents du dégommé, avant qu’il ne rentre à la maison, en brayant à mourir, un peu comme si on avait stoppé net là sa future carrière de mannequin. A ce stade, il faut avoir un œil sur la montre car il faut surtout éviter que les deux parents arrivent en même temps. Imaginez le désastre : second pugilat en vue si le timing est négligé. Un jour, j’ai vu arriver une mère en furie dans mon bureau, traitant de " traînée " une " victime " qui avait un nez comme une patate. L’embêtant, c’est que la patate avait vraiment commencé la bagarre mais avait mal négocié la suite. Bref, victime-coupable, elle se faisait insulter par la mère de l’indemne. Quand la mère de la patate est arrivée, ouh la la, j’ai vu voir le pire. Et vas-y que l’une et l’autre se sont donné des conseils éducatifs sur un ton…hum, passons. Je me répète : anticipez ! Revenons à notre répertoire. En dehors des situations urgentes décrites ci-dessus, il faut savoir que le téléphone est l’arme presque absolue dans une multitude d’autres cas. J’ai travaillé dans une ville où, à en croire les parents, la Poste remplissait très mal sa mission. Je ne compte plus les courriers qu’ils jurent n’avoir pas reçus. Flegmatique, je consultais sur mon ordinateur la liste des courriers envoyés et j’égrenais les dates. Bon, disais-je, gardant une bonhomie feinte, un, deux, voire trois courriers perdus, ok, mais huit (jusqu’à quinze !) quand même… le téléphone est par conséquent l’arme presque parfaite. Je dis " presque " car, bon, entre les téléphones coupés, les portables à carte non remplie de sous, vous devrez savoir naviguer dans votre répertoire pour appeler plutôt le grand frère, la grand-mère ou autres avec pour mission qu’ils passent le message aux parents. Je passe sur les portables parentaux que les enfants décrochent… Pensez donc que tout numéro de téléphone est bon à prendre, pourvu qu’il vous permette, après une cascade de relais, de joindre la personne dont vous avez besoin. Dernière possibilité, mais ne pas en abuser : demander à une assistante sociale de se propulser chez les parents. Pour chaque numéro de téléphone arraché lors d’un entretien, n’oubliez pas de noter le lien de parenté (éventuel, il peut s’agir de la voisine…) afin de savoir à qui vous avez affaire car : il faut respecter un certain degré de confidentialité quand vous n’avez pas le " vrai " parent en ligne. A la voisine, vous direz : " dites à Mme Machin de m’appeler assez vite, mais qu’elle ne s’inquiète pas ". A la tante, ce sera : " j’ai besoin de parler à votre sœur, non, rien de grave, mais c’est assez urgent ". Au frère : " bouge tes fesses, je veux tes parents, là, de suite ! ouais, ton frangin fait le con ! " Certains parents hésitent, allez, on va dire " rechignent ", à vous donner le précieux sésame, synonyme pour eux (ils connaissent leur lascar) de coups de fil réguliers, annonciateurs de mauvaises nouvelles. Insistez et rusez. Faites vibrer la fibre maternelle : " s’il est malade et qu’on n’arrive pas à vous joindre, eh ben, on va être obligés d’avoir recours aux pompiers et… et… la facture sera pour vous, c’est embêtant ". Les mères résistent rarement à ce genre d’arguments qui, je vous l’accorde, n’est pas joli-joli.

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Publié dans humour

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