Holocauste: 60 ans après la libération des camps
Cette journée de commémoration de la libération du camp dAuschwitz, 60 ans après, se termine et il mest difficile de trouver les mots pour décrire quelle fut notre émotion ce matin, quand Roger, ancien déporté, commença son témoignage devant la centaine délèves de 3ème. Nous lavions invité pour 10h, afin quil assiste au lâcher des 60 ballons avec poèmes. Une fois installé en salle polyvalente, ce monsieur de 91 ans a raconté son arrestation, le voyage avec ses compagnons, entassés par 70 dans des wagons à bestiaux, sans manger ni boire pendant 3 jours, la marche depuis la Poméranie jusquà Odessa, les privations, mais aussi les rencontres fortuites, les partages
tout cela dans un silence total, avec des élèves littéralement captivés par son discours, par ses mots simples, pleins dhumanité. Les questions ont fusé : avait-il eu envie de se suicider, avait-il revu des compagnons de captivité, comment sétait-il réhabitué à la vie civile, y pensait-il toujours ?
Le moment le plus prenant fut au moment de se séparer : debout, les élèves lont longuement applaudi. Il sest mis à pleurer, nous a remerciés et a raconté que sa femme lavait souvent réveillé, quand il pleurait dans son sommeil
La gorge nouée, nous lécoutions avec une attention soutenue, conscients de la chance que nous avions à le rencontrer.
Cétait la première fois quil témoignait. Des élèves sont venus lembrasser et mont demandé sils pouvaient lui écrire. Il leur a demandé leurs prénoms et leur a tenu des propos de bon grand-père, les exhortant à " bien étudier " : nos élèves, à qui nous répétons quotidiennement ces mêmes conseils, ont bu ses paroles et je veux croire quà lui seul, par sa stature, le respect et ladmiration quil a suscités, aura plus de poids que nous tous réunis.
L'article de la Voix du Nord