Guy Môquet en lecture dans les lycées
C'est peut-être une des premières décisions du nouveau président concernant l'éducation et la mémoire: la lettre de Guy Moquet, jeune résistant et militant communiste, fusillé le 22 octobre 1941, devrait être lue en début d'année scolaire à tous les lycéens. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il en fera la demande au futur ministre de l'Education nationale.
La presse en parle:
La Tribune.fr
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La mesure ne fera pas forcément l'unanimité, vu ce qu'on lisait bien avant, à propos de la tendance du président d'appeler à la rescousse Jaurès ou Blum et Guy Môquet: en février, l'Humanité écrivait: "Certes, ces héros de notre histoire n’appartiennent à aucun parti, puisqu’ils sont l’Histoire à eux tous. Toutefois, l’audace de les nommer a ses limites. Notamment celles de la décence et de l’éthique politique, qu’on ne transgresse pas si facilement sans conséquences."
Ce à quoi Nicolas Sarkozy avait répondu le 18 mars : "A ceux qui ont osé dire que je n’avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n’étais pas de gauche, je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme. Guy Môquet appartient à l’histoire de France et l’histoire de France appartient à tous les Français."
Odile Niles, qui a partagé les dernières heures du jeune garçon, est plus virulente encore: on peut lire son intervention répercutée, en avril dernier, sur le site Bellaciao: "Guy, c’était un battant. C’était l’exemple du courage de cette jeunesse qui ne baisse jamais les bras. Ni même devant la mort. Il n’aurait pas accepté que Sarkozy se serve de son nom pour camoufler la politique néfaste de cet ambitieux ministre, si loin des aspirations des jeunes d’aujourd’hui qui ont manifesté contre le CPE."
Le Nouvel Obs publie la lettre que le jeune Guy Môquet écrivit à sa famille avant sa mort: elle a été lue aujourd'hui par une lycéenne lors d'une cérémonie d'hommage à 35 résistants fusillés en 1944.
" "Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"
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