L'éducation dans le projet de constitution européenne

Publié le par Gabrielle

Je ne suis pas une pro des textes juridiques: je suis comme beaucoup de monde, je saisis mal les subtilités de ce qui est écrit en arial mini, grisé, au bout des contrats d'assurance... mais ma foi, je me suis abonnée à la newsletter d'un site tenu par un jeune étudiant: Le 29 mai 2005.fr. Chaque jour, il envoie par mail un petit bout du texte du projet de Constitution européenne: ça dure depuis le 21 mars...vu le pavé! Voici ce que j'ai reçu tout récemment:

 PARTIE III : Les politiques et le fonctionnement de l'Union
TITRE III : POLITIQUES ET ACTIONS INTERNES
CHAPITRE V : Domaines où l'Union peut décider de mener une action d'appui, de coordination ou de complément
Section 4 : Tourisme
Section 5 : Education, Jeunesse, Sport et Formation Professionnelle
Section 6 : Protection Civile
Section 7 : Coopération Administrative

Je vais chipoter un peu: que l'éducation soit traitée dans le même chapitre que le tourisme (et en plus: après!) me fait sourire...

ARTICLE III-282

1. L'Union contribue au développement d'une éducation de qualité en encourageant la coopération entre États membres et, si nécessaire, en appuyant et en complétant leur action. Elle respecte pleinement la responsabilité des États membres pour le contenu de l'enseignement et l'organisation du système éducatif ainsi que leur diversité culturelle et linguistique.

L'Union contribue à la promotion des enjeux européens du sport, tout en tenant compte de ses spécificités, de ses structures fondées sur le volontariat ainsi que de sa fonction sociale et éducative.

L'action de l'Union vise :

a) à développer la dimension européenne dans l'éducation, notamment par l'apprentissage et la diffusion des langues des États membres ;
b) à favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants, y compris en encourageant la reconnaissance académique des diplômes et des périodes d'études ;
c) à promouvoir la coopération entre les établissements d'enseignement ;
d) à développer l'échange d'informations et d'expériences sur les questions communes aux systèmes d'éducation des États membres ;
e) à favoriser le développement des échanges de jeunes et d'animateurs socio-éducatifs et à encourager la participation des jeunes à la vie démocratique de l'Europe ;
f) à encourager le développement de l'éducation à distance ;
g) à développer la dimension européenne du sport, en promouvant l'équité et l'ouverture dans les compétitions sportives et la coopération entre les organismes responsables du sport, ainsi qu'en protégeant l'intégrité physique et morale des sportifs, notamment des jeunes sportifs.

2. L'Union et les États membres favorisent la coopération avec les pays tiers et les organisations internationales compétentes en matière d'éducation et de sport, en particulier avec le Conseil de l'Europe.

3. Pour contribuer à la réalisation des objectifs visés au présent article :

a) la loi ou loi-cadre européenne établit des actions d'encouragement, à l'exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres. Elle est adoptée après consultation du Comité des régions et du Comité économique et social ;
b) le Conseil, sur proposition de la Commission, adopte des recommandations. 

Pour ce qui précède, sans vouloir chipoter encore, je trouve que ma liste de courses est plus concrète et plus parlante. Un peu de sérieux, cet article est classé dans "citoyenneté", pas dans "humour".
"1. L'Union contribue au développement d'une éducation de qualité en encourageant la coopération entre États membres": ça ne mange pas de pain et on n'en attendait pas moins. Evidemment, il s'agit d'une Constitution: ce sont donc des déclarations d'intentions et non une mise en programme pragmatique.

ARTICLE III-283

1. L'Union met en oeuvre une politique de formation professionnelle, qui appuie et complète les actions des États membres, tout en respectant pleinement la responsabilité des États membres pour le contenu et l'organisation de la formation professionnelle.

L'action de l'Union vise :

a) à faciliter l'adaptation aux mutations industrielles, notamment par la formation et la reconversion professionnelle ;
b) à améliorer la formation professionnelle initiale et la formation continue afin de faciliter l'insertion et la réinsertion professionnelle sur le marché du travail ;
c) à faciliter l'accès à la formation professionnelle et à favoriser la mobilité des formateurs et des personnes en formation, notamment des jeunes ;
d) à stimuler la coopération en matière de formation entre établissements d'enseignement ou de formation professionnelle et entreprises ;
e) à développer l'échange d'informations et d'expériences sur les questions communes aux systèmes de formation des États membres.

2. L'Union et les États membres favorisent la coopération avec les pays tiers et les organisations internationales compétentes en matière de formation professionnelle.

3. Pour contribuer à la réalisation des objectifs visés au présent article :
a) la loi ou loi-cadre européenne établit les mesures nécessaires, à l'exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres. Elle est adoptée après consultation du Comité des régions et du Comité économique et social ;
b) le Conseil, sur proposition de la Commission, adopte des recommandations.

"L'action de l'Union vise :
a) à faciliter l'adaptation aux mutations industrielles, notamment par la formation et la reconversion professionnelle."
Je chipote encore: même si l'école prépare à la vie, vie professionnelle, vie "tout court", vie citoyenne, la voir chargée de fabriquer des personnes "adaptables" au marché du travail, facilement "reconvertissables" m'attriste. Je dis à mes élèves, sous forme de boutade, mais cette boutade, j'y tiens: "l'école, ça sert à quoi? A savoir lire le journal." Ca fait 10 ans que je la sors, je devrais l'adapter maintenant et dire "ça sert à surfer sur le web".
Savoir lire le journal, c'est lire de façon détachée, en regardant à qui appartient le journal, d'où viennent ses rédacteurs; en comparant les lignes éditoriales des uns et des autres; en étudiant les tournures grammaticales utilisées et les détournements de sens que cela induit; en séparant ce qui est la "pure" info (incendie ici, à telle heure) de ce qui relève de l'interprétation ou de l'avis du journaliste; s'interroger aussi sur ce qui n'est pas écrit dans le journal: avec la mort du Pape, la place tenue par cet événement a mis de côté ce qui se passe ailleurs, en Irak ou ailleurs. Mais d'ailleurs, même en temps "normal", qui sait ce qui se passe en Mongolie?
Faire comprendre aux élèves que le journal est un choix nécessaire fait dans l'actualité, historique et géographique, interprétée, triturée et livrée à notre non moins nécessaire esprit critique.

Je sais, je sais, je n'ai pas beaucoup fait avancer le schmilblick aujourd'hui. Ca se voulait court et puis, comme la Constitution, c'est devenu long!

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Publié dans citoyenneté

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