Laïcité en Alsace: 2/3

Publié le par Gabrielle

Pour compléter ma petite anecdote d'hier sur laïcité à l'alsacienne, voici quelques précisions (suite à des recherches) afin de poursuivre notre voyage au coeur du pays de Hansi.
Mes souvenirs étant plutôt anciens, je me doutais que la situation avait dû évoluer, même si le Droit Local est bien enraciné.
Je m'interrogeais sur la fréquentation actuelle des "cours de religion". Si pour l'école primaire, on ne dispose pas de statistiques, on sait
que la participation à ces cours s'élève à 50% pour le collège et 10% pour le lycée.
Les parents doivent faire la démarche volontaire de dispenser leur enfant, s'ils ne souhaitent pas qu'il assiste au cours de religion. En cas
de non-dispense, l'assiduité à cet enseignement est donc contrôlée comme tout autre cours obligatoire.
Et c'est ainsi qu'une incroyable
mésaventure est arrivée à une maman d'élève au début de l'année 2000 en Moselle.  Elle a vu ses  Allocations familiales être suspendues par l'IA de Moselle, suite à "l'absentéisme" de sa fille à ces cours. (En effet, 1 heure hebdomadaire, comptant pour une demie-journée, cela nous mène aux fatidiques 4 demies-journées mensuelles! est-ce le CPE qui a supervisé  l'affaire?). Le rectorat avait reconnu une erreur administrative, la dispense de cours de religion ayant bien été demandée par la maman mais non transmise.

Concernant les enseignants assurant ce cours: à mon "époque", des vacataires, titulaires d'un Deug de théologie, prenaient en charge les élèves au collège, les "mamans-catéchistes" intervenant à l'école primaire. Au lycée, aumônier et vacataires se partageaient les groupes.
Les vacataires étaient au nombre de 400 environ, dont un certain nombre ont été intégrés au corps des certifiés (décrets de 89). Pour compléter ces mesures,dans le cadre de la politique de résorption de l'emploi précaire (loi de décembre 96), un CAPES-concours réservé a été organisé pour l'année scolaire 99-2000. Le texte est paru au BO du 2 septembre 99 sous l'intitulé "sections diverses": 43 postes ouverts, pour ce concours national, dont les lauréats eurent une affectation limitée à l'Alsace et à la Moselle. Le ministre de l'Education Nationale, questionné à l'époque par le député PS de Gironde, M. Sainte-Marie (ça ne s'invente pas!), a juré (ses grands dieux..) qu'il ne s'agissait pas de créer un vrai CAPES d'enseignement religieux.

Demain, je vous réserve la suite et la fin de mon détour alsacien: en compulsant ma documentation, j'avoue que moi-même, malgré 10 années de "cours de religion" à l'école publique alsacienne , j'ai bondi sur ma chaise...

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Publié dans citoyenneté

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