Note de vie scolaire

Publié le par Gabrielle

Une des propositions de la loi Fillon est d’instaurer une " note de vie scolaire " comptant pour le Brevet, à coefficient 2. Le ministre propose les critères suivants : assiduité, respect du règlement intérieur et engagement dans la vie de l’établissement.

De nombreuses voix s’élèvent contre cette idée. Dès janvier, en effet, un avis de l’Inspection générale était transmise au ministre, pour exprimer ses réticences à ce projet. Et ce pour les raison suivantes : il faut bien délimiter le périmètre de ce qui est évalué. S’agit-il d’évaluer l’activité de l’élève en classe ? c’est déjà fait par le professeur, qui valorise la participation et les efforts entrepris. S’agit-il d’évaluer le comportement de l’élève ? mais en cas de non-respect du règlement intérieur, l’élève étant déjà sanctionné, il ne peut l’être une seconde fois par le biais d’une note… L’Inspection générale propose, si cette note doit exister, d’évaluer " l’ensemble des attitudes et effort pour participer à la vie de l’établissement et de la classe ". Il paraît que le ministre aurait revu sa position en acceptant de faire entrer dans l’évaluation les attitudes positives et négatives de l’élève, mais je n’ai pas encore retrouvé le texte.

Il est possible que cette note de vie scolaire contribue à gagner un peu de paix dans les établissements en mettant une pression supplémentaire sur les élèves : " attention à ta note ! " Sera-t-elle si efficace, d’ailleurs ?

Il est donc aussi possible que cette note induise des stratégies bien hypocrites de certains élèves, qui vont se lancer dans de " l’agitation " participative. Cela va à l’encontre de tout discours éducatif qui se respecte : on ne respecte pas la loi parce qu’on la craint, mais parce qu’on a intériorisé son intérêt de protection pour soi et les autres. Car la loi, avant de contraindre, protège. Dans certains pays, l’électeur qui ne remplit pas son devoir de citoyen en allant voter se voit infliger une amende. Pour autant, fait-on aimer la démocratie pour elle-même ?

Cela remet en cause aussi tous les efforts faits sur l’évaluation depuis des années : loin des à peu près, les évaluations précises des compétences, du travail sur les objectifs (concrets, mesurables) avait permis de se rapprocher d’une évaluation plus formative, plus aidante. Et encore, il y a beaucoup de travail à faire…

Noter un comportement (car la note de vie scolaire, même si elle évaluera peut-être les attitudes négatives et positives) entraînera pour les plus malins et les plus capables une citoyenneté de surface et un nouveau détournement consumériste : " je fais cela parce que cela me rapporte ". Cela veut dire que jusque dans nos actes citoyens, nos actes de solidarité, plus rien ne sera gratuit. Qui saura différencier l’acte posé par calcul stratégique de celui conçu par pure générosité ? Nouvelle évaluation ! !

Mes autres billets sur la loi Fillon: dossier de presse, lutte contre l'échec scolaire, objectifs comparés loi 89-loi 2005

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Publié dans Loi Fillon

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A
Bon ben faut que j'y aille: j'ai 713 notes à mettre ;-)
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S
Je partage entièrement cet avis. D'autant plus que jusqu'à présent une des différences fondamentales entre CPE et enseignants est que le CPE ne participe pas à l'évaluation. Ce qui permet un rapport différent avec l'élève.
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