Auto-diagnostic

Publié le par Gabrielle

De plus en plus , dans le monde de l’entreprise en particulier, fleurissent les batteries de tests à des fins de recrutement, ce que je trouve dommageable, car rien ne vaut un entretien ou une prise à l’essai, ou de diagnostic à visée formative, ce que je trouve plus intéressant.
Dans notre profession de CPE aussi, nous jouons ce que nous sommes et le savoir peut nous aider à rectifier les comportements et attitudes inadaptés.

Sur le site de l’académie de Paris (ici), j’ai trouvé cet outil d’auto-diagnostic, influencé par l’Analyse Transactionnelle. Derrière cette appellation de mieux en mieux connue, il y a la volonté de décoder ce qui se passe quand deux personnes communiquent.
Pour résumer, prenons un exemple :
Un élève arrive en retard et se présente au bureau Vie Scolaire.
Le CPE, irrité, lui dit " tu as vu l’heure ? "
L’élève répond : " oui, 8h34 ".

C’est ce qu’on appelle une transaction croisée, celle qui promet les plus belles incompréhensions. Le CPE n’a évidemment pas besoin de connaître l’heure, son propos est de montrer son irritation à l’élève. Il lui parle depuis son " parent ", plus précisément  le " parent persécuteur " et il pense parler à l’élève dans sa dimension d’"enfant ", et plus précisément d’"enfant soumis ". Si l’élève était effectivement dans cette disposition, il n’y aurait pas de souci de communication. Il répondrait  (rêvons !) : " oui, je suis en retard, excusez-moi ".

Mais l’élève a une furieuse envie de comprendre la question à son premier degré et répond par une information. Il réagit à partir de son " enfant ", mais son " enfant rebelle " et répond non au " parent " mais à la dimension " adulte ". Comme s’il se disait : il me demande l’heure ? je vais la lui donner !

Reprenons.

L’Analyse transactionnelle considère que nos interactions avec autrui, notre psychisme se divise en trois parties : l’enfant (rebelle, ou libre, ou soumis), l’adulte (informatif, partie " ordinateur "), le parent (normatif, donnant, persécuteur). Il n’y a aucun jugement moral dans ces sub-divisions.

Un " enfant libre " parlant à un " enfant libre " donne : " chouette, le prof de maths est absent " " vite, on va jouer ? "
Si c’était avec un enfant " soumis ", cela donnerait : " ben non, je vais m’avancer dans mes devoirs ", ou " tu es sûr ? il faudrait vérifier au tableau "
Un " adulte " parlant à un adulte : " quelle heure est-il ? " " 16h15 ".
Un " parent donnant " parlant à un " enfant " : " prends soin de toi ", " d’accord ". Si c’était " l’enfant rebelle " qui répondait, cela donnerait : " mais tu m’embêtes à la fin, laisse-moi tranquille ", parce que l’enfant aurait entendu le message comme venant non du " parent donnant " mais d’un " parent persécuteur ".

Toutes les combinaisons sont donc possibles : les croisées sont les plus risquées pour l’intégrité et la compréhension d’un message. Je crois m’adresser à un certain niveau de mon interlocuteur mais celui-ci prend mon message à un niveau différent, d’où des interférences, des quiproquos, parfois des conflits.

Parce qu’évidemment, le CPE qui s’entend répondre l’heure exacte par l’élève retardataire va s’irriter davantage et enchaîner sur " tu te moques de moi ? " (parent persécuteur), à quoi l’élève (enfant rebelle) répondra " mais j’ai répondu à votre question ? ! "

Bon courage !

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