Violence à l'école: faire l'état des lieux

Publié le par Gabrielle

La violence à l’école : sujet récurrent et sujet de débat !
Avant de la contrer, il s’agit de la définir et là encore, les opinions sont nombreuses.

On oppose la violence à l’école à la violence de l’école. Chacun, selon son seuil de " tolérance ", aura sa définition de la violence : elle correspond à ce qui est accepté comme ne bouleversant ni durablement ni sensiblement la vie de l’établissement.

Ayant travaillé deux années en ZEP-Zone violence, avant de rejoindre un établissement plus " classique ", j’ai pu relever que mon propre seuil de tolérance avait évolué. Situé assez haut en zone violence, où j’ai eu à m’occuper de troubles graves (jet d’acide chlorhydrique pendant la récréation, coups sur élèves entraînant parfois des blessures graves telles que traumatisme crânien ou fracture ouverte d’un membre, combat de pittbulls devant la grille, jets de cocktails Molotov, jets de cailloux, tabassages en règle, " jeu de la garde à vue "), j’ai vu ma tolérance à la violence baisser de plusieurs crans dans mon collège actuel. Nous comptions entre 400 et 500 incidents de " petits " à " graves " par mois, dont une cinquantaine de faits graves. Deux CPE ne pouvaient humainement traiter l’ensemble des cas, même avec le soutien des professeurs et de la direction. La sélection ressemblait presque à de l’élagage : nous avions choisi logiquement de porter le principal de nos efforts sur tout acte de violence qui mettait en danger la sécurité physique des élèves.


Ce seuil de réaction-réactivité à la violence détermine également le type et le degré de la sanction : l’acte qui vaut ici une exclusion temporaire de X jours, sera " géré " ailleurs par une autre batterie de sanctions, telles que le changement de régime, les heures de retenue, le travail d’intérêt général.

Chaque communauté scolaire réagit et répond à l’agression subie avec ce qui fait sa spécificité : son histoire, son environnement, sa culture, sa vulnérabilité à la violence.

Le document joint ici est très intéressant pour cela : il permet un diagnostic portant sur un ensemble d’indicateurs qui, rassemblés, sont une bonne photographie du degré de vulnérabilité d’un établissement à la violence et un état des lieux de sa culture de prévention-répression.

voir aussi le site www.viescolaire.org
Publicité

Publié dans violence à l'école

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Il est vrai que cette situation me laisse perplexe car issu de mes études secondaires dans les années 70-80, cette violence n'existait absolument pas.<br /> La question que je me pose est la suivante : J'ai fait toutes mes humanités en Belgique dans un établissement ou existait l'uniforme, ou il fallait attendre pour s'asseoir que le professeur nous y invite pour le faire et poutant... Nous avions un excellent contact avec nos profs, l'uniforme ne nous a jamais perturbé au contraire, le raket , le vol et l'exclusion par l'habillement est apparu dès l'introduction de vêtements libres....<br /> Bref, je me suis toujours demandé si ce n'est pas parce que nous avons laissé tombé un ensemble de normes et de valeurs sociales de groupe sous couvert de la liberté et de l'épanouissement des jeunes que nous en arrivons a de telles situations...<br /> La pauvreté, les habitations sociales, l'immigration existait aussi a cette époque maispeut être les parents et le corps professoral enseignaient encore des normes de respect et des valeurs normatives qui quoique l'on en pense n'avaient pas que du mauvais...<br /> Il n'y a rien de neuf sous le soleil, simplement une différence de traitement du problème<br /> Tout est une question d'équilibre et nous l'avons rompu... Le chemin inverse va être dur , très dur
Répondre
C
Depuis quelques jours, je parcoure votre blog avec beaucoup d'intéret. <br /> Je suis cpe TZR sur l'acaémie de Paris et j'ai donc fréquenté différents types d'établissements (ZEP et non classés, LP, Collèges). Aucun n'a une façon similaire d'aborder les problèmes de violence. Par exemple, en établissement ZEP un élève se promenant avec un couteau a eu 1 jour d'exclusion. Un incident du même type dans un établissement plus favorisé avait fait réunir un conseil de discipline. <br /> Il semble important qu'une échelle des punitions et sanctions soit établie et connue de tous dans chaque établissement en fonction de sa typologie. C'est pourtant très rarement le cas...<br /> A bientôt de vous lire.<br /> Chris<br />
Répondre