Violence à l'école: faire l'état des lieux
La violence à l’école : sujet récurrent et sujet de débat !
Avant de la contrer, il s’agit de la définir et là encore, les opinions sont nombreuses.
On oppose la violence à l’école à la violence de l’école. Chacun, selon son seuil de " tolérance ", aura sa définition de la violence : elle correspond à ce qui est accepté comme ne bouleversant ni durablement ni sensiblement la vie de l’établissement.
Ayant travaillé deux années en ZEP-Zone violence, avant de rejoindre un établissement plus " classique ", j’ai pu relever que mon propre seuil de tolérance avait évolué. Situé assez haut en zone violence, où j’ai eu à m’occuper de troubles graves (jet d’acide chlorhydrique pendant la récréation, coups sur élèves entraînant parfois des blessures graves telles que traumatisme crânien ou fracture ouverte d’un membre, combat de pittbulls devant la grille, jets de cocktails Molotov, jets de cailloux, tabassages en règle, " jeu de la garde à vue "), j’ai vu ma tolérance à la violence baisser de plusieurs crans dans mon collège actuel. Nous comptions entre 400 et 500 incidents de " petits " à " graves " par mois, dont une cinquantaine de faits graves. Deux CPE ne pouvaient humainement traiter l’ensemble des cas, même avec le soutien des professeurs et de la direction. La sélection ressemblait presque à de l’élagage : nous avions choisi logiquement de porter le principal de nos efforts sur tout acte de violence qui mettait en danger la sécurité physique des élèves.
Ce seuil de réaction-réactivité à la violence détermine également le type et le degré de la sanction : l’acte qui vaut ici une exclusion temporaire de X jours, sera " géré " ailleurs par une autre batterie de sanctions, telles que le changement de régime, les heures de retenue, le travail d’intérêt général.
Chaque communauté scolaire réagit et répond à l’agression subie avec ce qui fait sa spécificité : son histoire, son environnement, sa culture, sa vulnérabilité à la violence.
Le document joint ici est très intéressant pour cela : il permet un diagnostic portant sur un ensemble d’indicateurs qui, rassemblés, sont une bonne photographie du degré de vulnérabilité d’un établissement à la violence et un état des lieux de sa culture de prévention-répression.