Loi Fillon: lutte contre l'échec scolaire?
Le projet de loi Fillon va être examiné devant lAssemblée ce jour-même.
Comme annoncé, je vais poursuivre ma lecture comparée de ce projet et de (feu) la loi dorientation de 1989, en portant mon attention sur les dispositifs de lutte contre léchec scolaire.
Jignore sil sagit dune illusion doptique mais il me semble que cette idée est développée plus longuement dans le projet Fillon mais sans jamais atteindre un degré dopérationnalisation satisfaisant.
Dans le cadre de la loi de 89, aucun jeune ne devait quitter le système éducatif sans un niveau de formation reconnu : dans le cas contraire, il lui était possible de poursuivre des études jusquà atteindre ce niveau, " lEtat prévoyant les moyens nécessaires ". Et si à la fin dun cycle, lélève navait pas acquis les connaissances et compétences nécessaires pour un passage en classe supérieure, on lui proposait " une année complémentaire de consolidation " (dit plus brutalement : un redoublement !). Pour le reste, un contrat pluriannuel liait létablissement à son académie pour la lutte contre lexclusion scolaire.
Concernant le projet de loi dorientation Fillon, une nouveauté apparaît, liée à lobligation de résultats que simpose lEtat (dans la droite ligne des objectifs du Conseil européen de Lisbonne de 2000) : le Contrat Individuel de Réussite Educative (CIRE). Le CIRE peut être proposé à différentes étapes de la progression scolaire, quand lélève ne maîtrise pas le " socle " : à la fin dun cycle, à ses 16 ans et même en cours dannée comme alternative au redoublement.
En quoi consiste le CIRE ? Contrat (terme si décrié en éducation, car à double tranchant) qui lie les parents, lélève et létablissement, il met en place les mesures aptes à remédier au déficit de connaissances et de compétences de lélève. Des " dispositifs de soutien " sont organisés, en groupes " restreints " pour combler les lacunes les plus graves. Cette remédiation prend sur le temps scolaire (est-ce que lélève manquera dautres cours, dans lesquels il réussit mieux ?) ou même hors temps scolaire. Elle est prise en charge par les enseignants, rémunérés sous forme dHSE. Il est même prévu, dans un autre document (lexposé des motifs de la loi) que dautres partenaires soient mobilisables : collectivités territoriales, associations périscolaires (sans expliciter sur quels points et avec quels compétences).
Au collège, le financement de ces dispositifs passera dans la dotation horaire de létablissement : volant dheures " CIRE " calculé au prorata des élèves repérés en difficulté.
Si le principe du CIRE est longuement évoqué, sa mise en place concrète laisse perplexe : elle semble oublier la part non négligeable délèves ne réussissant pas à lécole car il nen comprennent pas le sens. Labsentéisme, la violence en sont lillustration. Léchec scolaire nest pas quune affaire pédagogique
Petite note : jai trouvé par hasard des documents qui comparent, article par article, les 2 lois. La page du SNUIPP, la page de Sud Education
Mes autres billets sur la loi Fillon: dossier de presse, note de vie scolaire , objectifs comparés loi 89-loi 2005, histoire des politiques éducatives, note de vie scolaire