Loi Fillon: lutte contre l'échec scolaire?

Publié le par Gabrielle

Le projet de loi Fillon va être examiné devant l’Assemblée ce jour-même.

Comme annoncé, je vais poursuivre ma lecture comparée de ce projet et de (feu) la loi d’orientation de 1989, en portant mon attention sur les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire.

J’ignore s’il s’agit d’une illusion d’optique mais il me semble que cette idée est développée plus longuement dans le projet Fillon…mais sans jamais atteindre un degré d’opérationnalisation satisfaisant.

Dans le cadre de la loi de 89, aucun jeune ne devait quitter le système éducatif sans un niveau de formation reconnu : dans le cas contraire, il lui était possible de poursuivre des études jusqu’à atteindre ce niveau, " l’Etat prévoyant les moyens nécessaires ". Et si à la fin d’un cycle, l’élève n’avait pas acquis les connaissances et compétences nécessaires pour un passage en classe supérieure, on lui proposait " une année complémentaire de consolidation " (dit plus brutalement : un redoublement !). Pour le reste, un contrat pluriannuel liait l’établissement à son académie pour la lutte contre l’exclusion scolaire.

Concernant le projet de loi d’orientation Fillon, une nouveauté apparaît, liée à l’obligation de résultats que s’impose l’Etat (dans la droite ligne des objectifs du Conseil européen de Lisbonne de 2000) : le Contrat Individuel de Réussite Educative (CIRE). Le CIRE peut être proposé à différentes étapes de la progression scolaire, quand l’élève ne maîtrise pas le " socle " : à la fin d’un cycle, à ses 16 ans et même en cours d’année comme alternative au redoublement.

En quoi consiste le CIRE ? Contrat (terme si décrié en éducation, car à double tranchant) qui lie les parents, l’élève et l’établissement, il met en place les mesures aptes à remédier au déficit de connaissances et de compétences de l’élève. Des " dispositifs de soutien " sont organisés, en groupes " restreints " pour combler les lacunes les plus graves. Cette remédiation prend sur le temps scolaire (est-ce que l’élève manquera d’autres cours, dans lesquels il réussit mieux ?) ou même hors temps scolaire. Elle est prise en charge par les enseignants, rémunérés sous forme d’HSE. Il est même prévu, dans un autre document (l’exposé des motifs de la loi) que d’autres partenaires soient mobilisables : collectivités territoriales, associations périscolaires…(sans expliciter sur quels points et avec quels compétences).

Au collège, le financement de ces dispositifs passera dans la dotation horaire de l’établissement : volant d’heures " CIRE " calculé au prorata des élèves repérés en difficulté.

Si le principe du CIRE est longuement évoqué, sa mise en place concrète laisse perplexe : elle semble oublier la part non négligeable d’élèves ne réussissant pas à l’école car il n’en comprennent pas le sens. L’absentéisme, la violence en sont l’illustration. L’échec scolaire n’est pas qu’une affaire pédagogique…

Petite note : j’ai trouvé par hasard des documents qui comparent, article par article, les 2 lois. La page du SNUIPP, la page de Sud Education

Mes autres billets sur la loi Fillon: dossier de pressenote de vie scolaire , objectifs comparés loi 89-loi 2005, histoire des politiques éducatives, note de vie scolaire

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Publié dans Loi Fillon

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