Jeux de filles, jeux de garçons
Parité, égalité des sexes : la lutte contre le sexisme prend parfois des chemins de traverse comme cette exigence de féminisation de certains termes, écrivaine, mairesse. Je pense que le féminisme ne se défend pas par de nouvelles règles de grammaire et quà trop vouloir imposer une égalité de forme (on en est dailleurs bien loin !), on dessert une cause par des maladresses qui ressemblent à du machisme à lenvers
Nous voulons à la fois tout et son contraire : légalité, en gommant des différences, léquité, par la discrimination positive, la différenciation, en soupirant sur les particularismes qui se perdent, la citoyenneté, en combattant les communautarismes.
Voici pour cette petite introduction, en guise de questionnement, avant daborder en ces lendemains de Noël, les différences entre les sexes quand lenfant joue. La petite fille joue à la poupée, le garçonnet au cow-boy, au petit soldat ou au rugby. Stéréotypes ? idées reçues ? Sortons du discours politique pour simplement, sans passion, nous pencher sur cette question, avec les outils des psychologues.
Les chercheurs de luniversité de Los Angeles ont fourni des jouets à des singes dAfrique et observé leur choix et comportement.
Ils ont noté que les femelles passaient davantage de temps à soccuper des poupées que les mâles. Faut-il en tirer la conclusion que la femelle est prédisposée génétiquement à un comportement de maternité ? Dans les colonies de singes, les femelles soccupent très tôt des petits et ce comportement est bien utile à la survie de lespèce : on peut donc imaginer quil a été sélectionné au cours de lévolution.
Cependant, on remarque aussi que les femelles sont également plus intéressées par le jeu de
la dinette ! Comment interpréter ce comportement ? Un autre exemple permet dimaginer une autre hypothèse :
il arrive que naissent des enfants au patrimoine génétique féminin, mais qui présentent une ébauche dorganes sexuels masculins due à un déséquilibre hormonal durant la grossesse. Ces filles sont élevées comme des filles, mais elles ont moins intéressées par les poupées que les autres petites filles. On peut émettre lidée suivante : à côté des influences de léducation et de la société, le cerveau se masculinise ou se féminise selon les hormones reçues au cours de la vie embryonnaire.
On quitte par conséquent le discours trop simpliste dune personnalité façonnée par la famille et lenvironnement. Reste à savoir la part due à chaque influence, y compris celle génétique.
Quil est dérangeant et inconfortable pour notre libre arbitre de simaginer être le produit dun savant mélange extérieur !