Jeux de filles, jeux de garçons

Publié le par Gabrielle

Parité, égalité des sexes : la lutte contre le sexisme prend parfois des chemins de traverse comme cette exigence de féminisation de certains termes, écrivaine, mairesse. Je pense que le féminisme ne se défend pas par de nouvelles règles de grammaire et qu’à trop vouloir imposer une égalité de forme (on en est d’ailleurs bien loin !), on dessert une cause par des maladresses qui ressemblent à du machisme à l’envers…

Nous voulons à la fois tout et son contraire : l’égalité, en gommant des différences, l’équité, par la discrimination positive, la différenciation, en soupirant sur les particularismes qui se perdent, la citoyenneté, en combattant les communautarismes.
Voici pour cette petite introduction, en guise de questionnement, avant d’aborder en ces lendemains de Noël, les différences entre les sexes quand l’enfant joue. La petite fille joue à la poupée, le garçonnet au cow-boy, au petit soldat ou au rugby. Stéréotypes ? idées reçues ? Sortons du discours politique pour simplement, sans passion, nous pencher sur cette question, avec les outils des psychologues.

Les chercheurs de l’université de Los Angeles ont fourni des jouets à des singes d’Afrique et observé leur choix et comportement.
Ils ont noté que les femelles passaient davantage de temps à s’occuper des poupées que les mâles. Faut-il en tirer la conclusion que la femelle est prédisposée génétiquement à un comportement de maternité ? Dans les colonies de singes, les femelles s’occupent très tôt des petits et ce comportement est bien utile à la survie de l’espèce : on peut donc imaginer qu’il a été sélectionné au cours de l’évolution.
Cependant, on remarque aussi que les femelles sont également plus intéressées par le jeu de…la dinette ! Comment interpréter ce comportement ? Un autre exemple permet d’imaginer une autre hypothèse :
il arrive que naissent des enfants au patrimoine génétique féminin, mais qui présentent une ébauche d’organes sexuels masculins due à un déséquilibre hormonal durant la grossesse. Ces filles sont élevées comme des filles, mais elles ont moins intéressées par les poupées que les autres petites filles. On peut émettre l’idée suivante : à côté des influences de l’éducation et de la société, le cerveau se masculinise ou se féminise selon les hormones reçues au cours de la vie embryonnaire.
On quitte par conséquent le discours trop simpliste d’une personnalité façonnée par la famille et l’environnement. Reste à savoir la part due à chaque influence, y compris celle génétique.
Qu’il est dérangeant et inconfortable pour notre libre arbitre de s’imaginer être le produit d’un savant mélange extérieur !

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Publié dans psycho

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