les absences au quotidien
La gestion de absences prend un certain temps au quotidien.
Le plus irritant est de voir que les élèves reviennent après une absence sans justificatif. Et j'oublie ceux qui s'absentent sans que la famille ne prévienne par téléphone le jour-même, ni les jours suivants.
En général, je laisse passer la matinée avant de téléphoner aux familles pour connaître les raisons de l'absence de leur enfant. Cela permet aussi de faire faire quelques économies au collège, en matière de coût téléphonique, d'autant qu'il faut souvent appeler sur un portable.
Vers midi donc, entre deux bouchées (ben, vi, la CPE s'appelle aussi Shiva), je commence ma tournée téléphonique. Pas mal du tout quand personne ne répond (où est l'élève?) ou quand on vous raccroche au nez (après un temps d'hésitation quand je me suis présentée). En fait, je devrais plutôt me présenter comme venant de la Française des Jeux et pis, paf, maintenir l'interlocuteur en haleine pour finir par avouer que, ben non, c'est tout simplement le collège.
J'ai le souvenir aussi d'une messagerie de portable, interminable, insupportable, avec une musique de ouf...j'ai fini par reculer...et adresser un courrier.
J'hésite parfois à joindre les parents au travail car je sais trop bien que la confidentialité doit être respectée. Etre appelé souvent sur son lieu de travail par le collège de son gamin...ne doit pas être évident à gérer par le parent à qui ses collègues lancent des regards en coin. Ca fait trop "mauvais parent".
Les messages laissés sur les fixes ou portables ne donnent pas toujours lieu à un rappel du parent recherché. Vive les répondeurs non consultés! ah oui, il y a aussi les portables "à carte", bouffeurs d'unités qui, vides, ne permettent plus à leur propriétaire de me joindre.
Quand j'arrive à joindre quelqu'un (ça arrive quand même!), j'ai droit aux pires descriptions, dont certains détails (surtout quand il s'agit d'une gastro) ne sont pas faits pour faciliter ma digestion. Parfois, le gamin ne vient pas pour..."courbatures" après un match la veille. Ben voyons, c'est pas demain qu'on aura notre relève de Zidane!
Le lendemain, le but du jeu est d'attraper au vol les uns et les autres pour leur soutirer leur "ticket d'absence", dûment rempli et signé par les parents. Ca prend du temps, de l'énergie. C'est à se demander si certains ne prennent pas le collège pour un Flunch: je viens, je viens pas, je choisis mes cours, mes jours, mes heures.
Certains motifs me laissent sans voix:"réveil tardif" pour une matinée entière d'absence! il y a des radio-réveils qui ont des pannes à répétition. Les "ponts" que les élèves s'octroient plombent mes statistiques mensuelles et ne parlons pas du mois de mai et de ses communions innombrables. Car même si la communion a lieu le dimanche, tout ce petit monde a besoin du lundi pour digérer, ranger la salle, se faire une gastro, se reposer ("il s'est couché tard").
Dans ces moments-là, je pense à toutes les critiques faites aux professeurs, "toujours en formation", "toujours en grève", "souvent malades" et toutes ces heures de cours qui sautent etc, au grand dam de ces parents, parfois les mêmes, qui vont garder leur progéniture à la maison pour un orgelet pendant 3 jours ou un torticolis pendant une semaine.
Je regrette cet état d'esprit consumériste, cet égocentrisme qu'on reproche aux autres mais dans lequel on s'ébat sans état d'âme soi-même.