Aller à l'école: témoignage d'une maman d'un garçon handicapé

Publié le par Gabrielle

Sur le forum, j'avais lancé un appel pour que des parents d'enfants handicapés témoignent de la scolarisation adaptée, des éventuels freins et obstacles rencontrés, des solutions trouvées. Aujourd'hui, Mony raconte l'histoire de son fils. Ca se passe en Belgique. Tout cela me remet certains souvenirs en tête, côté France.

Nous avons un fils en fauteuil roulant, il y a quelques années, lors de ses études, c'était le parcours du combattant, pas d'accessibilité à cause des escaliers, wc ? impossible, étroits.
Nous avons cherché encore et encore,c'etait très frustrant car nous voulions trouver une école pour valides. Notre fils est intelligent, il voulait compenser la perte d'usage de ses jambes en étudiant pour un avenir valorisant . A force de persévérance, nous avons trouvé des directeurs qui ont tout mis en oeuvre pour faciliter et aplanir les obstacles: P. pouvait dîner en classe avec son meilleur copain car le réfectoire était à l'étage. Nous pouvions descendre au parking des profs et là, on nous attendait pour m'aider à monter le fauteuil car il y avait 4 marches.
Lors de ses études d'assistant social, ses stages se passaient en hôpital . Ensuite, l'université, problèmes encore plus difficiles à résoudre car tous les cours se donnaient à l'étage et P. n'en démordait pas, il travaillait dur dur pour y arriver . Il a contacté les autorités et était tellement motivé que des solutions ont étés trouvées. On donnait les cours universitaires à horaire décalé dans un autre établissement; un hic, c'était un bâtiment classé, donc on ne pouvait enlever les escaliers extérieurs. Le directeur de l'époque voyant P tellement battant a contacté les pouvoirs politiques et a obtenu l'autorisation de faire construire un plan incliné provisoire ( démoli malheureusement après ses études)
P. a réussi ses études brillamment, oui, ça a été très difficile pendant des années, stresss, inquiétudes, chaque jour apportait un nouveau problème; mais si les écoles, collèges le voulaient, il suffit d'un peu de bonne volonté de la direction , des pouvoirs en place, des profs pour qu'un enfant moins valide mais plein de courage devienne un adulte heureux et soit en droit d'être fier de son parcours. Les parents ne doivent jamais se décourager mais lutter, se serrer les coudes.
C'est vrai que les parents et élèves moins-valides ont une lutte constante à fournir mais il faut continuer sans relâche ce combat qui apporte chaque jour un nouveau problème à résoudre. Ce n'est pas facile, ça laisse des traces, des bleus au coeur, des révoltes devant certaines incompréhensions . C'est pour cette raison que tous les valides devraient de temps en temps se mettre à la place des autres. A partir de petites choses telles que laisser de la place de parking pour handicapés dans les écoles, plan incliné pour accéder aux bâtiments, compréhension des profs si un élève ayant des difficultés pour écrire a besoin d'un peu plus de temps. Considérer ces élèves comme les valides et les intégrer à part entière parmi les autres.
J'ai eu cette chance à force de persévérance et l'espoir que l'on comprendrait le combat qu'il faut mener jour après jour malgré le découragement et le stress. Nous n'avons jamais rien exigé, nous nous sommes gentiment expliqués et nous avons trouvé des oreilles attentives au cas de notre fils. Jamais nulle part, il n'a été considéré autrement qu'un valide, personne ne lui posait de question indiscrète car lui-même était souriant et au diapason . Tous les cas sont différents et il faut surtout avoir patience et gentillesse chez les moins-valides mais compréhension, coeur, gentillesse également chez les valides.

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